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Avoir froid

Je ne comprenais pas vraiment comment nous avions fini ensemble. On n’aurait pas dû se rencontrer; on n’aurait pas dû se comprendre. Et pourtant, cela fonctionnait.

Avec toi, je me sentais créative sans que tu sois ma muse. Je me sentais libre alors que tu n’ouvrais pas plus grand les portes que d’autres. Je me sentais belle alors que tu n’exprimais jamais ton désir.

Et pourtant, j’étouffais. J’ai eu envie de partir loin. De recommencer une nouvelle vie. Et je n’étais pas certaine de vouloir que tu en fasses partie.

Tu ne l’as pas compris.

J’avais toujours ce désir d’évasion et de tout remettre en question. Je cherchais à brusquer ma destinée.

J’enviais ces gens normaux qui cherchaient la routine à tout prix et qui se confortaient avec bonheur dans leurs habitudes. Ils refaisaient paisiblement les mêmes gestes chaque jour sans craindre de s’en lasser. Ils n’avaient pas besoin de garder constamment un œil sur l’issue de secours au cas où tout s’effondrait; ils savaient que le chemin qu’ils avaient tracé, s’il n’était pas le seul possible, resterait du moins le leur.

Mais je n’ai pas assez essayé de leur ressembler.

Tu étais là et tu me regardais, attendant quelque chose de moi que je ne pouvais pas te donner.

Dehors, il neige mélancoliquement. Comme tous les jours depuis un mois. J’ai cessé d’y décerner une blancheur poétique, je n’y vois que de l’aigreur glacée et agressive. J’ai oublié que mon corps pouvait dégager de la chaleur.

J’ai oublié comment tu pouvais me brûler juste avec tes mots, si ce n’est qu’avec tes mains. Sans toi, je grelotte continuellement et la tempête semble interminable. Semble ou l’est vraiment.

J’ai perdu le contrôle du temps.

Peut-être ne neige t-il que depuis ce matin. Je ne sais plus. Les heures avancent sans se presser et j’attends que tu reviennes.

Mais tu n’apparais jamais.

Je cherche des réponses en fixant le mur qui reste muet. Normal. Je ne lui pose pas les bonnes questions. Un simple Pourquoi je n’ai pas su te garder? me paraît si vide et absurde. Et j’ai peur de le dire tout haut. Cela voudrait dire que tu es vraiment parti.

Parfois, je me lève. Je me dégourdis les jambes. Je tourne en rond dans le salon, comme notre relation à la toute fin. Non, ce n’est pas vrai. Nous sommes restés si amoureux jusqu’aux dernières heures. J’étais seulement assommée par le quotidien monotone d’une vie à deux.

Maintenant que je suis devenue libre, je ne m’enfuis plus. J’accomplis des gestes répétitifs chaque jour, sans me lasser. Du matin au soir, mon emploi du temps est géré à la minute près. Je ne sors plus de la chaleur de mon cocon.

Parce que depuis que tu m’as quittée, je n’ai plus envie de bouger.

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